📌 En bref
- Microsoft, Apple et votre banque n'affichent jamais de numéro à appeler dans une alerte.
- Le but n'est pas de réparer : c'est d'obtenir un accès à distance et un paiement.
- Si vous avez donné l'accès : coupez internet, changez vos mots de passe depuis un autre appareil, prévenez la banque.
L'écran se fige, une alarme retentit, un message annonce que votre ordinateur est infecté et qu'il faut appeler d'urgence un numéro affiché en gros. Ou bien le téléphone sonne, et quelqu'un se présentant comme un technicien de Microsoft vous explique que votre machine envoie des erreurs. Dans les deux cas, c'est la même arnaque. Voici comment la reconnaître et, si vous êtes déjà allé trop loin, comment limiter les dégâts.
Vous avez laissé quelqu'un prendre la main sur votre PC ? Faites-le vérifier par un technicien de confiance.
Comment ça se présente
L'arnaque prend trois formes principales, et elles se recoupent souvent.
- La page d'alerte bloquante. En naviguant, une page s'ouvre en plein écran avec un fond rouge ou bleu, un son d'alarme, parfois une voix synthétique. Elle imite l'apparence de Windows et annonce un virus, un vol de données bancaires, un compte bloqué. Impossible de la fermer — c'est voulu, la page capte les raccourcis clavier.
- L'appel téléphonique. Un interlocuteur, souvent avec un accent, se présente comme travaillant pour Microsoft, pour votre fournisseur d'accès ou pour un service de sécurité. Il affirme avoir détecté un problème sur votre ligne ou votre ordinateur.
- Le rappel après formulaire. Vous avez cliqué sur une publicité de « nettoyage PC », laissé un numéro, et on vous rappelle.
Il faut comprendre le but réel de la manœuvre, parce qu'il n'est pas celui qu'on croit. L'escroc ne cherche pas à vous vendre un dépannage : il cherche un accès à votre machine. Une fois connecté, il ouvre des fenêtres anodines du système — le journal d'événements, une liste de processus — en les présentant comme la preuve d'une infection massive. Le décor sert à justifier une facture, souvent de plusieurs centaines d'euros, et parfois à repérer au passage vos accès bancaires.
Le scénario converge toujours vers la même demande : installer un petit logiciel pour que le « technicien » puisse voir votre écran et prendre la main.

Les signaux qui ne trompent jamais
Un seul de ces éléments suffit à conclure. Il n'y a pas d'exception.
| Ce que vous voyez ou entendez | Ce que ça signifie |
|---|---|
| Un numéro de téléphone dans un message d'erreur | Arnaque. Aucun éditeur ne procède ainsi, jamais |
| On vous appelle sans que vous ayez rien demandé | Arnaque. Microsoft n'appelle pas ses utilisateurs |
| On vous presse, on parle d'urgence | Le procédé vise à empêcher la réflexion |
| On demande d'installer un logiciel de prise en main | C'est l'objectif réel de l'appel |
| Le paiement se fait en cartes cadeaux ou par virement immédiat | Moyens intraçables : signature de la fraude |
À l'inverse, un vrai éditeur ne vous téléphonera jamais spontanément, n'affichera jamais de numéro dans une alerte, et ne vous demandera jamais de payer en cartes cadeaux.
Si la page bloquante est affichée
Bonne nouvelle : dans l'immense majorité des cas, votre ordinateur n'a rien. Ce n'est pas un virus, c'est une simple page web conçue pour paraître impossible à fermer. Rien n'est installé sur votre machine.
La manœuvre est simple. Ouvrez le gestionnaire des tâches avec Ctrl + Maj + Échap, sélectionnez votre navigateur dans la liste, et cliquez sur Fin de tâche. La page disparaît avec lui.
Au redémarrage du navigateur, refusez la restauration des onglets — sinon la page revient. Videz ensuite le cache, et faites une analyse avec votre antivirus par acquit de conscience.
Si votre machine se comporte bizarrement par ailleurs, notre guide supprimer un virus sur Windows reprend la marche à suivre complète.
Un antivirus à jour bloque la plupart des pages qui servent d'appât à ces faux dépanneurs.
Si vous avez décroché et donné l'accès
C'est plus sérieux, mais ce n'est pas irrattrapable. Agissez dans cet ordre précis, sans sauter d'étape.
- Coupez la connexion internet immédiatement — débranchez le câble ou désactivez le Wi-Fi. Cela met fin à la prise en main séance tenante.
- Redémarrez l'ordinateur et désinstallez le logiciel de prise à distance qu'on vous a fait installer. Il porte souvent un nom qui semble anodin.
- Changez vos mots de passe depuis un AUTRE appareil — téléphone, tablette, ordinateur d'un proche. Pas depuis la machine concernée, tant qu'elle n'a pas été vérifiée. Commencez par la messagerie principale : c'est elle qui permet de réinitialiser tout le reste.
- Prévenez votre banque si vous avez communiqué des coordonnées bancaires, saisi une carte, ou si un virement a été effectué. Demandez explicitement une opposition et signalez une fraude.
- Faites analyser la machine. Certains escrocs laissent un accès discret derrière eux, pour revenir plus tard.
Une variante mérite d'être connue car elle piège même les gens prudents : le faux remboursement. Quelques semaines après une première arnaque, on vous rappelle en annonçant que la société ferme et qu'on vous rembourse. On vous fait alors ouvrir votre compte en ligne, et un « virement » apparaît — en réalité un simple transfert entre vos propres comptes. On feint la panique, on prétend s'être trompé de montant, et on vous demande de renvoyer la différence. Là, l'argent part vraiment.
Sur le plan financier, sachez qu'un paiement contesté rapidement a de bien meilleures chances d'être annulé. Ne laissez pas passer plusieurs jours par gêne : ces situations sont fréquentes et les conseillers bancaires les connaissent parfaitement.
Signaler, et protéger vos proches
Deux démarches utiles. Le signalement des contenus frauduleux se fait sur la plateforme PHAROS du ministère de l'Intérieur, et le site cybermalveillance.gouv.fr oriente vers les bons interlocuteurs selon votre situation. En cas de préjudice financier, un dépôt de plainte est possible et souvent demandé par la banque.
Le plus efficace reste toutefois la prévention, et elle est très ciblée : ces arnaques visent en priorité les personnes âgées et les moins à l'aise avec l'informatique. Une phrase suffit à immuniser un proche — « si un message affiche un numéro à appeler, c'est faux, appelle-moi ». C'est plus efficace que n'importe quel logiciel.
⚠️ La règle à retenir
Un vrai problème informatique ne vous donne jamais de numéro à appeler. Windows affiche des messages d'erreur, parfois obscurs, mais jamais un téléphone ni un compte à rebours. Si vous voyez l'un ou l'autre, vous savez à quoi vous avez affaire.
Pour aller plus loin
- Reconnaître un faux antivirus
- Les pièces jointes piégées
- Une clé Windows à 5 € : pourquoi c'est une arnaque
- Comment fonctionne notre assistance à distance
Un antivirus sous licence, c'est des mises à jour quotidiennes et quelqu'un à joindre en cas de problème.
Voir les antivirus → Licence livrée par e-mail · support en français · paiement sécuriséQuestions fréquentes
Comment reconnaître un faux support technique ?
Trois signes reviennent toujours : un contact que vous n'avez pas sollicité, un sentiment d'urgence, et une demande de prise de contrôle à distance. Un message qui bloque votre navigateur avec un numéro de téléphone relève du même procédé.
Microsoft appelle-t-il ses utilisateurs ?
Jamais spontanément. Aucun éditeur ne téléphone pour signaler un virus sur votre machine : personne, à distance, ne peut savoir ce qui se passe sur votre ordinateur.
J'ai laissé quelqu'un prendre la main, que faire ?
Déconnectez immédiatement la machine d'internet et coupez l'outil de prise en main. Changez vos mots de passe depuis un autre appareil, en commençant par la messagerie. Si des coordonnées bancaires ont été saisies, appelez votre banque le jour même.
Où signaler ce type d'arnaque ?
Le dispositif national cybermalveillance.gouv.fr recense ces signalements et oriente vers la marche à suivre. Un dépôt de plainte reste possible en parallèle.

